Le 21 octobre aura lieu le règlement des sommes dues sur les contrats d’assurances couvrant la perte de valeur des obligations émises par la défunte banque Lehman. Ces contrats, nommés Crédit-Default Swaps ou CDS, se sont multipliés ces dernières années, et la valeur cumulée du nominal sousjacent à ces assurances atteint 45 000 milliards de dollars. De nombreux établissements avaient imaginé se procurer des revenus apparemment sans risque en vendant une assurance sur un actif où la probabilité de sinistre apparaissait négligeable. Mais il y a plus : dans le monde merveilleux de la finance, il est possible de faire des paris en s’assurant sur la valeur d’un bien que l’on ne détient pas. Ce faisant, on a permis que le montant de la couverture en cas de sinistre soit potentiellement multiplié sans limite. Le 21, il faudra solder les comptes et compenser les pertes sur les 130 milliards de bons Lehman qui se négocient aujourd’hui à 8% de leur valeur initiale. Les vendeurs d’assurance seront-t-ils à même de faire face à leurs engagements ? Tout dépendra du montant de la facture finale. Mais l’opacité de ce marché aux innombrables contrats signés de gré à gré est telle qu’il règne à ce sujet une grande incertitude parmi les professionnels : pour les uns elle ne serait « que » de 6 milliards de dollars, pour d’autres elle pourrait s’élever jusqu’à 360 milliards. Et à l’approche de cette date fatidique, la nervosité est palpable.   Lire…. » via contreinfo.fr

Petit sujet de réflexion de la semaine

Retour sur l’analogie entre inflation monétaire et inflation des actifs. A quelle condition peut fonctionner une relance de la demande Keynésienne, qui consiste à injecter de la monnaie supplémentaire dans une économie anémiée ? Lorsque des capacités de production sont sous employées. Au-delà, l’apport monétaire bute sur l’inélasticité de l’offre et ne se traduit plus par une élévation de la production, mais simplement par une hausse des prix. Et dans les actifs ? Le processus est le même. L’épargne, le surplus de capital, ne produisent d’effets positifs qu’à condition de trouver une offre d’investissements où s’employer utilement. Mais son élasticité, comme celle de l’offre des biens et services, n’est pas infinie. Que trop de capitaux cherchent à s’investir simultanément, et rapidement les possibilités d’emplois en viennent à se tarir. Et comme dans le cas de l’offre des produits et services, les prix commencent alors à monter. L’investissement spéculatif prend alors le pas sur l’investissement productif. L’excès de capital peut donc être aussi néfaste à l’équilibre économique que l’excès de monnaie. A ceci près que si la sévérité anti-inflationniste - structurellement défavorable aux salariés - fait désormais partie de la vulgate, dans nos sociétés l’excès de capital - qui croît en proportion avec les inégalités de revenu - est lui salué d’applaudissements nourris. La croissance exponentielle du nombre de milliardaires, le luxe ostentatoire, les patrimoines équivalents à des millénaires de revenus, nous sont présentés comme autant de réussites exemplaires, preuves des succès d’une économie en plein boom. Alors que ce ne sont que les signes avant-coureur d’une bulle dont le dégonflement risque de mettre nos sociétés à genoux.   Lire…. »

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