Euro 2016 en France c’est fait mais quels bénéfices ?

by julien on 28/05/2010 · 1 comment

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Le championnat d’Europe, c’est une bonne nouvelle, estime Philippe Villemus, professeur d’économie et ancien directeur marketing du comité d’organisation de la coupe du monde 1998, mais ce serait une meilleure nouvelle si on parvenait à maximiser les financements privés.” Pris en charge à 40% par les pouvoirs publics, le renouvellement des stades s’annonce en effet plutôt coûteux : 1,7 milliard d’euros au total.

la France a promis à l’UEFA de doubler ses bénéfices

Sur ce montant, l’Etat et les collectivités locales devront apporter près de 680 millions d’euros. Nicolas Sarkozy a promis une enveloppe de 150 millions ; les 530 millions restant devront être financés par les collectivités. Des communautés d’agglomération, pour la plupart, qui devront aussi supporter des travaux d’infrastructures importants pour relier les stades au coeur des villes. Mais le point d’interrogation le plus important reste la contribution d’investisseurs privés, indispensable pour assurer le succès de ces opérations. Or, même pour un club comme l’Olympique Lyonnais, boucler un tel financement est un véritable défi. Que dire alors des autres villes aux clubs moins argentés ?

Le budget de fonctionnement de l’organisation d’une telle compétition ne devrait en revanche pas peser lourd sur les comptes français. A la différence des coupes du monde de la FIFA, le championnat d’Europe est entièrement géré par l’UEFA. En revanche, avec l’accueil de 24 équipes lors de l’Euro 2016 (contre 16 en 2008), Paris a promis à l’UEFA que celle-ci pourrait doubler ses bénéfices (250 millions en 2008) en choisissant l’Hexagone.

La France  rentrera-t-elle dans ses frais in fine ? “A court terme la réponse est non, avance Philippe Villemus, mais à long terme, les retombées sont positives.” Phillipe Augier, maire de Deauville, auteur en 2009 d’un rapport sur les grands événements, est lui plus enthousiaste: “En période de crise, c’est une très bonne nouvelle. Ce sont des milliers d’emplois qui vont être créés avec la construction et l’exploitation de ces nouveaux stades.

Une bonne nouvelle pour le tourisme

L’industrie du tourisme peut aussi déjà se réjouir de la décision de l’UEFA. Le million – au moins – de visiteurs étrangers attendus lors de ce type d’événement constitue une manne exceptionnelle pour la restauration et l’hôtellerie. En se basant sur une dépense moyenne comprise entre 150 et 200 euros par jour et par spectateur, une étude du cabinet Standard and Poor’s avait estimé à 500 millions d’euros le gain pour le secteur en Allemagne, à l’occasion de la Coupe du monde de football en 2006. “C’est sans compter les Français qui choisissent de rester en vacances dans l’Hexagone pour suivre l’événement“, ajoute Philipe Villalon, président de la Fédération française d’hôtellerie et restauration. Les vendeurs de téléviseurs devraient aussi pouvoir en profiter.

Autre coup de pouce apporté à l’économie, les emplois créés par l’événement : 60 000 outre-Rhin en 2006 selon la chambre de commerce et d’industrie allemande. Deux tiers était néanmoins à durée déterminée. La compétition n’a en effet qu’un impact ponctuel. Le ministère allemand de l’économie avait estimé que les gains de la Coupe du monde s’élevaient pour son pays à trois milliards d’euros, soit 0,1 point de croissance de PIB. En France, la coupe du monde de rugby en 2007 avait généré 540 millions d’euros de retombées, selon le ministère des sports.

Au final, c’est surtout le football français qui en tirera le plus de bénéfices: hausse du nombre de licenciés, accroissement du nombre de spectateurs et de téléspectateurs et surtout modernisation des stades. Ce dernier point est d’ailleurs crucial. Les enceintes françaises accusent aujourd’hui un net retard par rapport à leurs voisines européennes.66 ans en moyenne !

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1 KLM May 28, 2010 at 19:18

L’Allemagne prête à quitter l’euro ?

Ansgar Belke, directeur de recherche du très officieux Deutsche Institut für Wirtschaftforschung (DIW, Institut allemand de recherche économique)affirme que « légalement, une sortie de plein gré de l’union monétaire est possible ». Ensuite, il prend soin de détailler comment cette sortie pourrait avoir lieu pour l’Allemagne. « Pour commencer on introduira pendant environ un an le mark comme une unité de compte ayant une parité fixe avec l’euro. Tout le long de cette période, l’euro restera la monnaie officielle de l’Allemagne tandis qu’en parallèle, on commencerait la production des billets papier et des pièces métalliques en mark qui entreraient en circulation un an plus tard. Le moment venu, on interdira la monnaie en euro et l’euro deviendra une unité de compte. Dans la dernière phase, la parité entre les deux monnaies (mark et euro) sera rompu et le mark allemand retrouvera de nouveau son indépendance ». Pour sa part, Belke n’est pas favorable à cette évolution mais indique clairement qu’elle est possible.

Interrogé sur ces développements par l’Executive Intelligence Review (EIR), Alfonso Tuor, un rédacteur économique du journal suisse Corriere del Ticino a indiqué qu’il estime qu’une sortie si lente de l’euro ne fonctionnerait pas. Elle se ferait au contraire par surprise « du jour au lendemain » : « Vous avez 30 jours pour échanger vos euros en marks et décider si vous voulez que votre dette soit libellée en mark ou en euros… Ça devrait se faire de la même façon que quand Nixon suspendait la convertibilité du dollar en or ». Le sujet de la conversion de la monnaie physique est un non-sujet, estime Tuor, car « l’argent [billets papier et pièces métalliques] en circulation ne représente pas grand-chose » et la mise en circulation de nouveaux billets peut s’organiser une fois la décision prise.

Tuor est convaincu que l’Allemagne quittera la zone euro d’ici un mois ou deux « ou même d’ici un mois ». Avec le système actuel, « tout part » et « je ne vois pas qui peut intervenir » pour y mettre un frein. La chute des marchés provoque aussi un effet en chaîne, notamment la dévaluation des avoirs des banques.

« Je suis convaincu que la participation allemande dans le plan de renflouement bancaire n’est que le prix que l’Allemagne a payé pour sortir de l’euro », disait-il. En d’autres termes : l’Allemagne dira : nous avons donné ce que l’on pouvait et maintenant c’est terminé. Maintenant on retourne au mark.

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