Investir sereinement avec les obligations d’entreprise

by julien on 17/05/2010 · 0 comments

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1. Les obligations d’entreprises sont moins chères à assurer contre un défaut de paiement

Pour la première fois, la prime d’assurance contre les défauts de paiement (CDS: lire l’encadré)est plus faible pour les grandes entreprises européennes que pour les Etats européens. Une véritable révolution dans l’univers des obligations. Longtemps, la prime demandée sur les gouvernements occidentaux a été bien plus faible que celle exigée pour les entreprises. C’était une conséquence logique du fait que pour les marchés, un État, au contraire d’une entreprise, “ne peut pas faire faillite”.

Mais la plus profonde crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale a bouleversé les rapports de force. Les grandes entreprises européennes comme Nestlé, GDF Suez ou E.On ont démontré leur capacité à résister à la crise. Nombre d’entre elles ont d’ailleurs profité de la crise pour mener une politique particulièrement orthodoxe. Elles ont réduit les coûts au maximum et sont aujourd’hui inondées de liquidités. Le risque qu’elles ne puissent honorer leurs obliga- tions de paiement est beaucoup plus faible.

2. Le différentiel de taux reste attrayant

2009 a été l’année des obligations d’entreprises par excellence. Au total, les entreprises ont récolté par ce biais plus de 3,5 milliards d’euros auprès des épargnants belges. Les premières émissions, notamment d’AB Inbev, proposaient des rendements bruts d’environ 6%. Logique: avec la crise, les entreprises ne pouvaient guère s’adresser aux banques pour obtenir des capitaux. De tels différentiels de taux n’a- vaient plus été observés depuis la Grande Dépression du siècle dernier. Entre-temps, la crise des crédits s’est résorbée et l’appétit pour le risque s’est accentué parmi les investisseurs. Par conséquent, les investisseurs doivent aujourd’hui se contenter de rendements beaucoup plus faibles.

Cela dit, si l’époque des rendements exceptionnels est clairement révolue, les obligations d’entreprises demeurent des placements très intéressants, comme le révèlent les rendements (bruts) indiqués dans le tableau. À titre de comparaison: un investissement dans un Bund, une obligation publique allemande à dix ans, rapporte aujourd’hui environ 3% brut.

3. Protection plus efficace contre une hausse des taux

Les obligations d’entreprises offrent également une protection plus efficace contre une éventuelle hausse des taux que les obligations d’État européennes “sûres” (obligations allemandes, néerlandaises et françaises). Or le risque d’un relèvement des taux au cours des mois à venir est réel. Les épargnants qui achètent aujourd’hui des obligations d’État allemandes ou néerlandaises à dix ans seront plus que probablement condamnés à devoir se contenter d’un rendement brut d’environ 3% jusqu’à l’échéance. Une vente avant terme est évidemment possible, mais les frais liés à la vente de l’obligation existante et à l’achat de la nouvelle émission risquent de peser sur le rendement.

4. Bien se diversifier

Les obligations d’entreprises sont bien plus liquides que les bons de caisse traditionnels. Un détail particulièrement intéressant si vous aviez subitement besoin d’argent. Vous pouvez en effet proposer les obligations d’entreprises à la vente sur un marché où sont affichés en permanence des cours acheteurs et vendeurs. Le marché vous garantit un prix correct pour l’obligation que vous proposez. En revanche, vous ne pourrez vous défaire de votre bon de caisse qu’auprès de la banque qui l’a émis ou dans une vente publique. Dans les deux cas, la liquidité n’est pas garantie, et le décompte final pourrait bien être moins favorable que prévu.

Frederic Lebeau – 12:50 – 17/05/2010 Copyright © monargent.be

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