L’institution de Washington a estimé qu’après un recul du produit intérieur brut mondial de 2,2% en 2009, “la reprise mondiale reste précaire“. La croissance devrait être de 1,8% dans les pays “à hauts revenus“, et de 5,2% dans les pays en développement. Elle serait la plus élevée en Chine (9,0%) et en Asie du Sud (6,9%, dont 7,5% en Inde), et plus modérée en Afrique subsaharienne (3,8%), en Amérique latine (3,1%) et dans la région Europe centrale et orientale et Asie centrale (2,7%).
“En fait la croissance cette année n’est même pas assez forte pour créer les postes nécessaires aux nouveaux entrants sur le marché mondial de l’emploi, sans compter qu’il faut créer des emplois pour ceux qui ont perdu le leur en 2009“, a affirmé lors d’un point presse l’un des auteurs du rapport, Hans Timmer.
“Le chômage et la sous-utilisation considérable des capacités de production devraient continuer à caractériser le paysage économique pendant les années à venir“, a écrit l’économiste en chef de la Banque mondiale, Justin Lin.
L’institution a relevé de multiples conséquences à la crise mondiale. Ainsi le volume des échanges mondiaux, qui “a accusé une baisse spectaculaire de 14,4% en 2009“, ne devrait augmenter que de 4,3% cette année, a souligné la Banque. “Quelque 64 millions de personnes supplémentaires seront acculées à la misère (vivant avec moins de 1,25 dollar par jour) en 2010 à cause de la crise“, selon les calculs de l’institution.
Par ailleurs, elle table sur “une raréfaction et un renchérissement des capitaux destinés aux pays en développement” dans les cinq à dix prochaines années, dus à “l’aversion accrue pour le risque, une réglementation plus prudente et la nécessité d’adopter des pratiques de prêt moins libérales“.
Enfin, “dans cette situation toujours précaire, les cours du pétrole devraient se maintenir autour de 76 dollars le baril en moyenne et les prix des autres produits de base ne devraient pas augmenter de plus de 3% par an en moyenne en 2010 et 2011″, à moins d’une “perturbation importante de l’offre mondiale”, a ajouté l’institution.
“Etant donné l’importance des stocks et la faible hausse de pétrole attendue dans les prochaines années, il est prévu que les prix réels du pétrole n’augmentent pas de manière considérable”, selon les auteurs du rapport.
L’institution-soeur de la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, doit publier le 27 janvier des prévisions mondiales actualisées. Il a prévenu qu’il relèverait sa prévision d’octobre, de 3,1% de croissance en 2010, selon un mode de calcul où les pays en développement pèsent plus lourd que dans celui retenu par la Banque mondiale.

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